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September 30, 2009 Archives

Le « tax return, » ou comment faire des impôts une bonne nouvelle

Pendant que d'aucuns (en France) se font rattraper par des revenus qu'ils avaient oublié de déclarer, et doivent faire face à l'imprévue sortie qui s'en suit, d'autres (en Australie) attendent avec une impatience à peine contenue la date de leur prochaine déclaration (en juillet/août pour l'année fiscale terminant le 30 juin). Le nom donné à cette procédure, le tax return (retour sur taxe) peut donner un embryon d'explication à cette différence de perception.

Afin de mieux saisir de quoi il retourne, il faut commencer par se pencher sur le fonctionnement de l'impôt sur le revenu en Australie (prélevé par l'état fédéral). Il s'agit d'un système par palliers où chaque tranche est taxée à un niveau différent.

Taux d'imposition par tranche de revenu pour l'année 2007–2008 [source]
TrancheTaux
0–6000$0
6001–30000$15%
30001–75000$30%
75001–150000$40%
150000$ et plus45%

Ainsi, quelqu'un ayant perçu 42000$ entre le premier 1er juillet 2007 et le 30 juin 2008 aura payé I r ( 42000 ) = 6000 * 0 100 + 30000 - 6000 * 15 100 + 42000 - 30000 * 30 100 = 7200 $ . Rien de bien exceptionnel, au final.

Là où réside la différence est dans la perception de ces taxes. Elles sont en effet prélevées à la source à chaque versement de salaire (mensuellement ou bi-mensuellement dans la plupart des cas). Cependant, en raison du seuillage, il est nécessaire d'extrapoler le revenu annuel qui découlerait d'un an dans des conditions inchangées. Ainsi, sur un salaire mensuel brut de 4200$, seront prélevés I r ( 4200 * 12 ) 12 au titre de l'impôt sur le revenu.

Cependant, au cours d'une année, il n'est pas rare que les sus-mentionnées conditions changent. Ainsi, le montant de l'impôt calculé et prélevé sur les mois les mieux payés est supérieur à ce qui aurai dû être payé à l'état. Vienne la période du tax return, il est donc temps de mettre les comptes à plat et de rendre le trop-perçu.

D'autres paramètres entrent aussi en compte dans le calcul final de la somme finalement remboursée. Ainsi, les achats liés à l'activité professionnelle sont déductibles dans une certaine mesure, et donc remboursables.

Bien sûr, dans certains cas, il arrive que l'équation ne s'équilibre pas au profit du particulier. C'est le cas, par exemple, quand l'employeur n'a pas correctement déclaré les salaires. D'autres situations peuvent aussi amener à augmenter la somme due, en plus de l'impôt sur le revenu. Ainsi, au delà d'un revenu annuel maximum, la cotisation Medicare, la couverture médicale, n'est plus couverte par l'état, mais prelevée comme un impôt additionnel. Les cas où la balance est négative semblent cependant rares.

Une légère digression ici, mais intéressante à mentionner, au sujet du financement des études supérieures. Le système HECS-HELP permet aux étudiants de profiter d'un prêt (avec ou sans intérêt selon le niveau d'études) pour couvrir leur frais de scolarité, qui sont rapidement exorbitants. Le prêt est par la suite remboursé comme une partie additionnelle des impôts.

Alors, certes, c'est toujours des impôts, mais cette approche les rend tout de suite plus agréable, à défaut de pouvoir tirer parti des quelques mois de possession de l'argent dû pour le faire fructifier avant que l'état ne le réclame.


Wed Sep 30 00:32:28 CEST 2009 | Catégories : Civilisation | Lien permanent | Commentaires : par mail, par messagerie instantanée